Subversif au début de sa percée aux Etats-Unis, le MMA est aujourd'hui une discipline largement popularisée, notamment par des retransmissions télévisées grand spectacle. Bref c'est une discipline qu'Electronic Arts et sa branche dédiée EA Sports ne pouvaient plus ignorer. Devancé par d'autres sur le créneau, le champion des adaptations sportives sur console doit maintenant se faire une place à la force des poings. Et il ne peut y avoir qu'un seul vainqueur.
MMA : pas un nom, pas une marque, juste une discipline à la croisée des chemins entre plusieurs arts martiaux. Et pour EA Sports, une nouvelle licence au nom étonnamment sobre. Sur ce coup là, l'éditeur la joue laconique à la manière de Skate.. Un peu vert de s'être fait mouché par THQ sur l'obtention des droits de l'Ultimate Fighting Championship, la principale organisation de combat libre, le voilà contraint de se rabattre sur des organisations un peu moins prestigieuses comme la Strikeforce, concurrente de l'UFC aux Etats-Unis et la Mystic, organisation japonaise. Fatalement, le roster fait un peu moins paillettes, même s'il accueille tout de même quelques combattants de haute volée. Randy Couture, vétéran du ring, et surtout Fedor Emalienko imposent leur charisme, de la jaquette au menu d'accueil. Seulement voilà, malgré la présence du Dernier Empereur, de son récent bourreau Fabricio Werdum ou de quelques figures comme les frères Shamrock, le compte ne semble pas y être. Le jeu affiche 86 combattants au total, cependant il y a des redites entre les cinq catégories de poids. Le casting ne démérite pas, mais il faut bien reconnaître que l'ensemble manque un peu d'envergure. Moins de stars et plus d'action diront certains (les mêmes qui critiquent l'hégémonie de la WWE sur le catch). Pourquoi pas, mais l'UFC a aussi un passé et une notoriété solide sur laquelle un jeu peut s'appuyer, notamment dans certains modes type "combats de légende", contrairement à une structure comme Strikeforce, récemment reconvertie dans le MMA. Il manque aussi le championnat féminin qui est pourtant une des particularités de cette organisation.
Mixed Martial Electronic Arts
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Takatoukité
De base, EA Sports MMA est vif et facile à prendre en main. Le didacticiel d'intro suffit à maîtriser les bases d'un style de combat et à s'amuser au bout d'une heure, alors que c'est à peu près le temps qu'il faut pour comprendre comment bloquer une prise de soumission dans UFC 2010. Certains réclamaient une sorte de Fight Night amélioré, pas sûr qu'ils aient leur compte : même si les commandes s'en approchent, le jeu au sol donne un rythme très particulier à la partie. Il est d'ailleurs d'une simplicité presque frustrante. Une fois l'adversaire plaqué avec un takedown, il suffit de presser la commande d'action pour passer en side control puis full mount (domination totale) tandis que le malheureux soumis tente de faire de même, mais avec le bouton de dégagement. En général, le premier joueur à épuiser sa jauge d'endurance calme le jeu, sans quoi il s'expose à une prise de soumission fatale.
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Beau comme un camionneur ?
Le rapprochement avec Fight Night ne s'arrête pas au gameplay. Visuellement aussi, les deux titres ont pas mal de points communs. Le jeu de boxe reste plus soigné, mais on reconnaît aisément dans EA Sports MMA les mêmes animations ou l'inertie des coups à l'impact un peu faible. Malgré quelques mouvements malheureux et un rendu un peu artificiel notamment sur PS3 où l'aliasing pique les yeux, EA Tiburon réalise un ensemble tout à fait regardable tant que l'on ne détourne pas le regard des combattants. Habitué à travailler sur des séries dont on ne retient pas forcément l'esthétique comme Madden NFL ou Tiger Woods, le développeur s'est appuyé sur le moteur du dernier FN tout en essayant de rester dans un style souple et réaliste. A l'inverse, on note que les bruitages n'hésitent pas à jouer la surenchère pour renforcer vainement le choc des coups.
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Main event online
Sur les serveurs EA, MMA comble en partie son manque de contenu solo, à défaut de bouleverser la ritournelle un peu simplificatrice des attaques/contres. Un mode Affiches permet de se créer des salons privés ou publics regroupant jusqu'à 10 joueurs (on assiste en spectateur aux combats auxquels on ne participe pas). Autre option sympathique, certaines confrontations programmées comme des événements MMA sont commentées en anglais et disponibles en Live Broadcast. Idéal pour perfectionner ses techniques et totalement dans l'esprit "main event" de la discipline.
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